« Une charte pour agir »
Notre modèle de développement est aujourd’hui en crise. Les dérèglements de tous ordres – pollutions (eau, air, sols,…) – perte de biodiversité naturelle et culturelle, épuisement des ressources – désertification – déforestation, hyperconsommation, insécurité alimentaire – précarisation – paupérisation – aggravation des écarts de développement sont autant de menaces pour la pérennité de l’espèce humaine.
Dans ce contexte, se soucier des interactions entre rapports sociaux, échanges interculturels, activités économiques et écosystèmes requiert de s’interroger localement et mondialement sur les modes de développement, de répartition des ressources et de penser la durabilité comme solution d’avenir.
La MADD, le développement durable comme base identitaire
En tant que préoccupation actuelle et pour l’avenir de l’humanité, le développement durable repose sur des valeurs et des principes, traduits dans une série de textes fondateurs, œuvrant à différentes échelles territoriales.
La MADD s’appuie sur ces textes fondateurs et entre autres sur :
Au niveau international, les travaux du Sommet de la Terre de Rio – juin 1992 – dont elle retient principalement : la définition du développement durable issue du Rapport Brundtland « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs » ; les 27 principes de la Déclaration finale ; la création des Agenda 21.
Au niveau européen (U.E.), la Stratégie de l’Union Européenne en faveur du développement durable, adoptée par le Conseil européen de Göteborg de juin 2001 ; prolongée, à l’échelle de la France, par la Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD).
Au niveau national, la Charte de l’Environnement, adoptée le 28 février 2005, par le Parlement français et inscrite dans la Constitution.
Dès lors, dans ce cadre, la MADD, qui s’écarte de toute instrumentalisation du concept de développement durable à des fins commerciales ou politiques :
- accorde aux rapports humains une place prépondérante,
- recherche de nouveaux modèles de développement et de consommation producteurs de projets humains communs et de sens éthique,
- cherche à faire évoluer progressivement et localement les sociétés vers une économie performante et responsable qui respecterait la nature, préserverait la diversité culturelle et tendrait à l’équité.
Les Alpes, la déclinaison territoriale de la MADD
Pour œuvrer dans le sens du développement durable, la MADD se propose d’agir au niveau des Alpes françaises tout en recherchant des alliances avec d’autres territoires alpins, comme la Suisse, la Vallée d’Aoste, le Piémont…
L’arc alpin présente des dynamiques démographiques et économiques qui appellent un besoin de concevoir et de mettre en œuvre des projets de durabilité.
Ces projets doivent tenir compte d’un contexte local où l’essentiel de la population et des activités économiques se concentre dans les fonds de vallées et leurs périphéries, et où l’économie touristique, notamment fondée sur l’expansion de stations de sports d’hiver, affiche un poids réel et irrigue le développement de nombreux territoires de montagne.
Cependant, de telles dynamiques de développement sont également synonymes de fortes pressions anthropiques, d’incertitudes quant au maintien de la biodiversité et de la richesse des ressources territoriales et humaines en montagne.
Cette interrogation est particulièrement prégnante au travers des questions du foncier, de sa consommation dans un milieu montagnard contraint et fragile, de la saisonnalité des activités, et de la maîtrise du développement.
La MADD, une démarche
En mobilisant le territoire alpin comme territoire de projets durables, la MADD agira de manière à :
- positionner le territoire sur la dimension du développement durable et en faire une opportunité et un atout pour les Alpes, ses populations, son économie, et son environnement,
- engager une démarche transversale collective qui mutualise des compétences locales autour de problématiques et d’objectifs communs,
- prendre appui sur des initiatives nouvelles ou en synergies avec des actions déjà engagées par d’autres structures de l’arc alpin, favorisant l’interactivité entre les différents secteurs et la complémentarité de leurs domaines d’intervention,
- privilégier le partenariat privé, public et société civile, tout en développant, des liens entre les acteurs, les projets, les territoires et leurs habitants, et des coopérations internationales,
- participer à l’élaboration d’outils conceptuels, à la réalisation de programmes, et au partage des connaissances, au bénéfice du dynamisme local et du sens des responsabilités des populations.